Malgré les innombrables beautés que recèle la Nouvelle-Zélande, il faut parfois se rendre à l’évidence, il n’est pas facile de toutes les visiter que ce soit à cause d’imprévus (comme au nord de Kaikoura ou plus récemment pour le trekking de Roys Peak) mais surtout à cause des conditions météorologiques. Et cette partie de l’île que nous nous apprêtons à découvrir est plutôt réputée pour son côté pluvieux… Nous le découvrirons bien assez tôt malheureusement.

Mais avant toute chose, nous quittons la région de l’Otago pour rejoindre celle de la West Coast et pour tomber sur une balade agréable au doux nom de Blue Pools Walk. En effet, la rivière est d’un bleu incroyable car elle résulte de la réfraction de la lumière sur cette eau issue de la fonte des glaces. Voyez plutôt :

Il est possible durant les mois d’automne et d’hiver d’y observer des truites arc-en-ciel et brunes qui viennent du lac Wanaka pour finalement pondre en haut de la rivière Makarora. C’était la parenthèse animale :). En tout cas, l’eau semble très fraîche, ce qui n’empêche pas certaines personnes de s’y jeter depuis le pont suspendu… C’est tentant, mais ce sera pour la prochaine fois ^^.

Nous continuons vers la côte sur la route Haast Pass Highway qui est vraiment un plaisir pour la conduite. Entre les falaises et la rivière, plusieurs arrêts vous invitent à découvrir de très beaux spots et cette fois-ci, nous nous arrêtons au Fantail Falls. Bref arrêt mais joli endroit.

La prochaine, c’est Thunder Creek Falls, plus impressionnante en terme de hauteur. Le point négatif de cet endroit, c’est les sandflies par centaine qui viennent vous dévorer en bas de la chute. Nous prenons tout de même le temps de contempler cette belle cascade malgré les coups de pression de ces petites bêtes.

Les nuages sont présents en nombre, nous avons de la chance parfois quand le soleil vient percer cette couche cotonneuse, comme par exemple au Roaring Billy Falls. Nous rejoignons la rivière par un petit chemin en pleine forêt, toujours bordée par des fougères argentées. La vue sur la rivière bleutée et la cascade en fond est super sympa à observer, Jaja aura le courage de faire un saut dans la rivière jusqu’à hauteur de cuisses, pendant que je m’amuserais à ricocher comme un gosse.

1h15 plus tard, alors que le vent souffle de plus en plus fort, nous faisons un arrêt à Bruce Bay car à cet endroit s’y trouvent de nombreux galets marqués par beaucoup de voyageurs qui passent par là. Nous savons que Marion et Freddy, des amis qui étaient en tour du monde, y sont passés quelques mois plus tôt mais malgré avoir cherché pendant plusieurs minutes, aucun signe de leur galet :(. Au moins, nous aurons essayé !

Il est temps désormais de trouver un endroit où crécher, Bruce Bay est malheureusement fortement sujet aux rafales de vent, nous progressons donc vers les glaciers avec la pluie qui vient s’ajouter à la tombée de la nuit. Nous trouverons une petite aire légèrement en bord de route en dehors de la ville de Fox Glacier pour passer la nuit et la pluie ne cessera de frapper le toit de la voiture.

 

Le réveil est tout aussi merdique, il fait froid et humide. La pluie n’a pas cessé, nous nous dirigeons donc vers un café et nous y passerons la matinée. La pluie est tellement intense que nous ne voyons pas à 100 mètres, et le pire c’est que ça a l’air de perdurer au vu des prévisions météo… C’est donc avec une grande déception que nous continuons vers le nord avec une grosse dose d’espoir mais nous savons que ce n’est pas gagné !

Le prochain point d’intérêt se nomme Hokitika, le coin est connu pour ses gorges d’un bleu clair et laiteux, un peu comme celles que nous avions vu au Rakaia Gorge (vu dans le premier article de la Nouvelle-Zélande). Nous faisons d’abord une escale sur la plage d’Hokitika où l’on retrouve une sculpture au nom de la ville, toujours entre les gouttes de pluie !

Le jour passe malgré le mauvais temps, nous trouvons une nouvelle aire sur le bord de la route entre Hokitika et Kumara Junction. Il y a du passage mais c’est mieux que rien. Réveil toujours aussi pénible avec la pluie, nous tentons tout de même la visite des gorges d’Hokitika qui se situent à 30 minutes de la côte et une nouvelle fois, grosse déception. Les eaux sont grises comme vous le voyez, alors que ça devrait ressembler à ça.

Retour en ville pour décider de la suite des événements, ça ne sert à rien d’attendre que le beau temps arrive, il faut aller le chercher… Nous allons donc vers Arthur’s Pass, endroit où nous souhaitions nous rendre lorsque nous sommes partis de Christchurch (de la côte est) mais cette fois-ci, par chance, il devrait faire beau le lendemain. Nous décidons donc de trouver où dormir sur le chemin. Kapitea Reservoir sera parfait pour nous. Nous aurons le droit à la visite de wekas, soir et matin, une autre espèce d’oiseaux qui ne volent pas comme son cousin le kiwi, endémique de la Nouvelle-Zélande.

Constamment accompagnés de cette pluie, nous traversons la petite ville d’Arthur’s Pass. Nous n’avons plus d’eau alors nous rejoignons le seul endroit où il est possible de se fournir à Castle Hill. Il est difficile d’apprécier les paysages alentours avec cette météo alors pourvu que demain soit différent… Nous irons dormir au pied des montagnes, au Lake Pearson Campsite, et attendons patiemment le retour des beaux jours.

De la nuit au lendemain matin, gros contraste et c’est là qu’on se dit que les réveils en Nouvelle-Zélande sont complètement dingues et inattendus !

Avant toute aventures sur les chemins de randonnée d’Arthur’s Pass, nous nous dirigeons vers Castle Hill pour immortaliser ce très beau soleil face aux montagnes qui nous avait manqué mine de rien :D.

Et une fois que l’on prend un peu de hauteur, c’est complètement fou. Pour la petite histoire, Aragorn, Legolas et Gimli poursuivaient les Orks ayant capturé Merry et Pipin dans le Seigneur des Anneaux. En réalité, cet endroit a beaucoup été filmé lors des 2 trilogies, et nous comprenons totalement, c’est très photogénique !

Nous profitons de cette clémente matinée pour nous dégourdir les jambes, et nous foulerons l’Arthur’s Pass Walking Track pour commencer. 3,5 kilomètres pour rejoindre le lookout qui n’est pas des plus magiques mais une bonne balade tout de même.

Après le déjeuner, nous irons voir la cascade Devil’s Punchbowl qui se trouve à 30 minutes du parking. De loin, un panorama mélodieux s’impose à nous avec la végétation et la montagne qui se trouve au dos de la cascade, comme si elle la surveillait. De près, c’est une démonstration de la puissance de la nature !

Bon, nous n’allons pas vous mentir, le temps s’est dégradé sans crier garde… Une fois de plus, les prévisions nous rattrapent de ce côté de l’île. Nous ne cherchons pas à rester une nuit de plus si c’est pour être sous la pluie, nous bougeons donc au nord en pleine après-midi vers notre prochain point d’intérêt, les Pancake Rocks and Blowholes. En chemin, nous allons vers notre 5ème camping payant, le Rapahoe Bay Holiday Park pour 15 $NZ par personne, soit 17€ pour nous deux. Les propriétaires sont très sympathiques, une énorme salle à manger est mise à disposition avec une cuisine toute équipée. Les douches sont impeccables et les emplacements face à la mer sont plus que bienvenues car tout de même à l’abri du vent. Avant de profiter de la soirée, nous nous dirigeons vers Motukiekie Beach pour profiter du coucher de soleil, le drone a fait le reste.

Nous nous habituons au confort et aux commodités, et il est difficile de partir de cette endroit. Malgré tout, nous allons au nord vers les Pancakes Rocks and Blowholes, c’est hyper touristique mais nous nous fondons dans la masse. Nous nous enfonçons à travers une petite forêt qui comprend des nikaus, des palmiers qui ne sont pas sensés exister à une latitude aussi basse (on dit merci au courant chaud provenant d’Australie), avant d’émerger dans la zone côtière où l’on croit pertinemment que l’homme a quelque chose à voir dans la création de cet empilement de couches calcaires. J’aurais plus pensé aux mille-feuilles qu’aux pancakes, toujours est-il que le paysage est fascinant. Chaque couche correspond à un dépôt de sédiment, et 30 millions d’années, c’est le temps qu’il aura fallu pour créer ses falaises atypiques.

Nous aurions aimé faire la Truman Track à proximité mais cette dernière est fermée à cause des conditions météo… Nous roulons alors encore plus au Nord, en croisant les Maruia Falls situé sur la Maruia River. Franchement, vous pouvez vous en passer ;). Autre balade que nous aurions apprécié faire, c’est la Pinchgut Track pour monter au sommet du mont Roberts à Saint Arnaud. Le temps était toujours aussi dégueulasse alors nous avons laissé tomber l’idée… Mais si vous passez par là, je pense que cette randonnée vaut le coup d’œil ! Nous referons le plein de premières nécessités dans la ville de Motueka où nous retrouvons partiellement le soleil. Nous poserons le bolide à la W F Moss Scenic Reserve pour la nuit.

Le soleil nous fait enfin de l’œil dès notre réveil, nous allons profiter de l’air marin à Marahau pour une balade le long des digues et de la plage. Rien de bien exceptionnel, mais de la clarté et un peu de chaleur, c’est ce que nous recherchions étant donné les derniers jours quelque peu chaotiques. À l’écriture de ce post, je me rends compte que nous sommes passés à côté du Split Apple Rock entre Marahau et Kaiteriteri, une roche de granite qui ressemble à une pomme coupée en deux. Pas indispensable mais ça peut tout de même être sympa.

Qu’à cela ne tienne, nous continuons notre périple vers le Riwaka Resurgence qui offre un environnement reposant avant le déjeuner. Riwaka est décrit comme un lieu sacré pour les maoris, l’eau de cette rivière est scientifiquement considérée comme une résurgence car l’eau sort de l’impressionnante montagne de Takaka. En effet, pas de cascade visible, juste un orifice à même la roche d’où jaillit un courant, on se demande vraiment d’où ça provient…

Nous nous baladerons également à Grove Track avant de rejoindre le parc national  d’Abel Tasman, c’est moins de 30 minutes de marche, pas exceptionnel mais si vous voulez des photos, ça se trouve dans le portfolio ! Nous nous aventurons ensuite aux chutes de Wainui, c’est juste 4 kilomètres aller/retour, soit 1h20 et c’est assez agréable.

Nous sommes finalement à une des entrées de la fameuse Abel Tasman Coast Track, randonnée longue de 60 kilomètres. Nous ne sommes malheureusement pas dans le mood pour la faire entièrement, nous décidons donc d’y faire simplement un petit bout de chemin. Nous nous rendons compte que nous sommes en pleine marée montante donc ce sera compliqué car le chemin passe sur la plage et nous ne sommes pas du tout préparés. Nous profitons tout de même des paysages, de la faune locale (des hérons, des tadornes ou canards du paradis, la femelle à la tête blanche et le mâle à la tête noire, d’étoiles de mer, …) et ça nous suffit :).

Nous remarquons que les journées passent à une vitesse hallucinante, nous avons l’impression d’avoir tout et rien vu en même temps. Sentiment de non satiété et pourtant, nous avons vu beaucoup de choses ! Le retour jusqu’à notre prochain endroit où dormir est toujours accompagné d’une faune qu’on découvre chaque jour. Cette fois, il s’agit du pukeko ou poule sultane, on en trouve des dizaines dans les pâturages ! Mais nous découvrirons également une maison perchée complètement folle avec une sculpture de dragon en bois.

Nous passerons la nuit sur l’aire voisine de la rivière Yalata. Très bon endroit dans le sens où vous n’êtes qu’à quelques minutes de Te Waikoropupu Springs ou les Pupu Springs pour les hippopotomonstrosesquippedaliophobes (ceux qui ont peur de prononcer des mots trop longs ^^). Cet endroit est également une source sacrée pour les maoris, en témoignent les deux totems à l’entrée du parc. Il est également interdit de s’y baigner ni même de la toucher. Sachez que ces sources sont considérées comme les plus pures et les plus claires au monde. C’est vrai que c’est très impressionnant.

Nous nous rapprochons encore plus de la Golden Bay, baie la plus au Nord de l’ïle du Sud et nous réservons les 3 heures qui suivent à la randonnée Knuckle Hill Track. Petit parking donc très rare que vous y croisiez du monde et pour l’atteindre il faut s’aventurer une quinzaine de minutes sur de la gravel road, ça peut en décourager certains. Nous marchons une heure sur une côte progressive entourée de végétations, assez simple. Nous y croiserons une chèvre que Jaja aura du mal à quitter car elle nous suivait comme un petit chien. Et s’ensuit une grimpette carrément boueuse jusqu’au sommet où le vent nous balaye sans se poser de questions. Heureusement, la vue est très agréable mais nous ne tiendrons pas longtemps !

Nous arrivons finalement à un endroit magnifique qui nous l’a bien rendu, Wharariki Beach. Au moment où nous y sommes allés, c’était vraiment pas juste une plage. Nous traversons d’abord les plaines gorgées de soleil et remplies de moutons et d’agneaux, nous atteignons enfin les dunes où le souffle du vent repousse les grains de sable dans un ballet linéaire. Le soleil se met finalement à redescendre, toujours cette danse du sable sur nos pieds nus gelés et au loin, un rocher très photogénique qui semble flotter sur l’eau. Vraiment un incontournable de l’île du Nord.

Nous dormirons une nouvelle fois près de la rivière Yalata. Par manque de temps, nous décidons d’abréger notre visite du parc national d’Abel Tasman. Nous nous dirigeons cette fois-ci vers le ferry qui nous mènera sur l’île du Nord. Nous repassons par Motueka où nous profiterons de ce soleil pour prendre une prise de vue en hauteur de l’épave Janie Seddon.

Nous oublions Nelson à regret car nous devons prendre le ferry le lendemain midi. Nous avancerons donc vers Cable Bay où nous prendrons un peu de hauteur, les paysages valent vraiment le coup d’œil et par chance, les oiseaux endémiques sont de sortie (le tui, un chanteur hors pair, la caille californienne avec sa jolie houpette et le carpophage/pigeon de Nouvelle-Zélande qu’on appelle ici kereru).

Endroit où dormir qui aurait été impeccable pour un départ le lendemain à Picton, d’où part le ferry, c’était le Collins Memorial Reserve. Malheureusement, nous sommes arrivés un peu tard et comme il n’y a que 12 emplacements, autant vous dire que c’est pris d’assaut ! Nous descendons un peu vers le Wairau Diversion qui n’est normalement accessible qu’aux vans self-contained. C’est au matin, en plein petit-déjeuner, qu’un gars du DoC (Département de Conservation qui s’occupe des parcs nationaux et de certains camping) nous le rappellera mais il a été gentil car nous avons éviter la contravention.

À Picton, rien à signaler, nous avions déjà payé notre traversée en ferry via la société de location. Ah si, j’ai rayé tout le bas de caisse de l’aile gauche de la voiture. On verra finalement si nous allons pas nous faire baiser par la société de location Lucky Rentals… Ce sera la surprise de fin de voyage. En attendant, on se donne rendez-vous de l’autre côté, sur l‘île du Nord. La bise à vous tous et encore merci de nous lire !

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