Et voilà comme prévu la suite, et pour nous, elle n’a pas été de tout repos. Et pour un gars qui passe ses journées devant un ordinateur, autant vous dire que je suis loin, voire à milles lieux de ma zone de confort ^^.

La première journée de travail pour ma part a été la pire qui soit, arrivés comme des princes en short / t-shirt, nous subissons les attaques des plantes urticantes qui nous arrivent jusqu’au genou dans les champs. Nous aurons des démangeaisons sur les jambes et les avant bras de 7h du matin à 15h, de quoi sérieusement péter un câble. De plus, le patron a l’air d’être un trou du cul fini, franchement on se dit que c’est vraiment la merde. En rentrant du travail, le soleil nous détruira un peu plus en posant ses rayons sur nos brûlures (je m’en souviens encore).

Le lendemain, on s’arme finalement de leggings pour couvrir nos jambes et nos bras, nous sommes enfin prêts, et on se dit que les seules douleurs que nous aurons désormais, ce sont les courbatures au dos et aux ischios car nous n’avons pas le temps de plier les jambes, il faut courber l’échine et pas autrement. Génial. J’y passerais 1 mois entier car une autre opportunité se présentera à moi tandis que les semaines de boulot devenaient trop courtes et que le boss était encore plus con qu’au début (jamais de bonjour, de merci, d’encouragements, uniquement des reproches). C’était tout de même drôle de partager, on va dire, la même merde avec des gens du monde entier (Japon, Allemagne, Pays de Galles, Belgique). Du dur labeur mais des bons moments tout de même.

Avec la petite bande d’amis avec qui nous traînons désormais, nous passerons la soirée dans l’un des 2 bars de Kununurra (Wouhou…), pas de quoi s’extasier mais de quoi partager des bons moments autour d’une bière.

Maintenant que tout le monde travaille plus ou moins, nous utilisons nos week-ends comme il se doit, entre repos, sortie pêche, salon de coiffure (Baptiste) et salon de massage (Jérôme). Et si on a du bon poisson (un barramundi ci-dessous), c’est pas grâce à nous, mais plutôt à Gaël, l’ami belge !

Et puis il y a des jours où tu fais une rencontre super sympa avec les locaux, en effet, alors que l’on rentre tous un par un du travail, Scott, un australien, vient près de nos vans pour savoir si nous voulons faire une sortie bateau avec lui. Ni une ni deux, nous acceptons la balade avec grand plaisir. En réalité, ce qu’il souhaitait, c’était se faire tracter en bateau pour faire du ski nautique sur le lac, mais si ça nous permet de nous amuser un peu, à quoi bon tergiverser. Mélanie prendra la barre alors que Scott s’éclate sur sa planche, et finalement Baptiste et Mélanie s’essaieront à l’exercice, et c’était une franche rigolade tant ça avait l’air compliqué ! Bref, le soleil se couche et les lumières sur le lac deviennent magnifiques. On rebrousse chemin et on se dit que nous réitérerons la sortie avec Scott mais il n’y aura pas de prochaine fois et c’est pas très grave. On immortalise le moment avec Scott, ce genre de mec adorable qu’on aimerait rencontrer plus souvent.

À part ça, comment se dépayser et sortir de cette routine à Kununurra ? Aller à El Questro par exemple ! Etant donné que nous n’avons pas les mêmes jours de congés, Jaja, Mélanie, Anaïs et Romain iront ensemble une première fois, tandis que Baptiste et moi irons ensemble une autre fois. Les filles et Romain ne verront qu’Emma Gorge tandis que nous aurons le temps de faire Amalia Gorge et Zebedee Springs en plus (sources d’eau chaude), mais malheureusement notre seul jour de congé étant le samedi, il y a un monde inconsidéré et il est impossible de trouver une place pour en profiter. Le cadre est tout de même joli !

Amalia Gorge sera une agréable balade où nous irons nous baigner (compter 1h à 1h30 pour faire l’aller-retour).

Et finalement Emma Gorge, où il y a un peu plus de monde mais où c’est tout autant dépaysant et magnifique pour les yeux. Les filles et Romain auront la chance de croiser un serpent, qui ressemble à un tree snake.

Enre temps, nous troquons notre free camp pour nous poser au Hidden Valley Caravan Park histoire d’avoir un peu plus de confort. Douche à volonté, cuisine, congélateur, frigo et électricité, de quoi nous sédentariser et c’est pas plus mal. Nous ferons également de jolis rencontres et c’est aussi ça que l’on recherche dans le voyage.

Juste à côté de notre emplacement, nous trouverons un nid de ce fameux oiseau berceau qui se révélera être un sacré séducteur (il pioche des éléments un peu partout de la même couleur qu’il met au bord de son nid et pour séduire sa bien-aimée, il arbore une crète rose / violette qui est surprenante).

Quand je vous parlais de la nouvelle opportunité que j’ai eu suite à mon premier job au ramassage de courges butternut, je vous explique enfin. Deux personnes au Caravan Park travaillent actuellement au même endroit que Janaïna, une au café et l’autre à la ferme (emploi spécialement crée pour elle). Mais comme ils ne vont pas tarder à partir, je compte récupérer son travail (à la fille qui travaillait en ferme). En quoi ça consiste, à l’emballage des butternuts, en somme moins physique et payé au rendement donc plus rentable. Le tout c’est d’être rapide et efficace. J’irais parfois aider sur les champs mais c’est assez rare et finalement, alors que Luca, le superviseur, est sur le point de partir, je “monte en grade” car je passe à la supervision du packing (en gros, je fournis mes collègues packeurs, essentiellement des gars de l’île de Timor, en bins, j’empile les bins de butternut emballés avec le chariot élévateur, je pèse et organise le départ de la production vers les villes d’Adélaïde, Melbourne et Perth). Ci-dessous, les photos de la soirée de départ de Luca avec au menu des fourmis vertes (super bon !) et des bières aussi :D.

Les habitants de l‘île des Timor possèdent un partenariat avec l’Australie, en effet, ces derniers n’ont pas de visa comme nous, mais ils fournissent de la main d’oeuvre permanente pour les travaux en ferme. Contrairement aux backpackers, ils ne partent pas du jour au lendemain et garantissent donc aux fermiers des travailleurs durant une saison entière. C’est un avantage sachant que l’île est à 1h30 en avion de Darwin, et cela permet aux habitants de cette île d’apporter un sacré billet pour leur retour au pays. En terme de comparaison, ils gagnent généralement entre 50 et 200$ australien par mois dans leurs pays, tandis qu’en Australie, ils peuvent se faire entre 3000 et 5000$ le mois. C’est valable, mais nous trouvons ça tout de même courageux de leur part car ils laissent leur famille pendant une période d’au moins 3-4 mois, si ce n’est plus, et ils ne rechignent pas le travail malgré les douleurs qu’elles peuvent infliger et les horaires à rallonge.

Bref, revenons à mon explication, le matin, je mets sur palette les bins qui serviront à accueillir les fruits de l’après-midi, ce qui m’amènera un jour au Medical Center car je me suis enfoncé une agrafe dans le pouce après avoir utilisé le pistolet à agrafe. Bien gentiment, c’est la patronne qui a pris en charge les frais (90$ la consultation) et heureusement, au bout d’une semaine, le doigt retrouve de sa souplesse et les douleurs lancinantes disparaissent (c’était pas loin du tendon et heureusement que ça n’a pas empiré sinon c’était direction Darwin pour chirurgie et tout le toutim, et ça n’aurait pas coûté un doigt mais plutôt un bras). Les après-midis au packing s’avèrent plus calmes et chaleureuses car mes collègues des Timor sont des grands chanteurs et leur musique à fond dans l’entrepôt vaut sacrément l’écoute (un mélange entre Mike Brant, Enrico Iglésias et Francky Vincent, de quoi envoyer du pâté en somme). J’irais même aidé au café où Janaïna travaille certains dimanches en tant que serveur.

Petite parenthèse pour dire qu’à chaque fois que nous nous rendons au travail, un micro crocodile d’une trentaine de centimètres se fait dorer la pilule au bord de la rivière.

L’établissement où travaille Janaïna, et bien d’autres, nous embarqueront également à une soirée particulière qui rassemble tous les plus gros fermiers de la région de Kimberley, où nous sommes. Je ferais office de serveur et Jaja aura l’honneur et le privilège de contenter 120 convives. Et pas avec n’importe qui, avec Marc Olive, l’un des plus grands chefs aborigènes d’Australie (de quoi goûter des mets comme le kangourou, ou même le crocodile). L’événement se déroulera à la Hoochery, distillerie de rhum qui se trouve à Kununurra. Très belle expérience pour tous.

Janaïna ira une nouvelle fois à El Questro et plus précisément à El Questro Gorge avec sa collègue allemande Paola. Cette fois-ci, elle gérera seule la traversée d’une rivière qui atteignait le pare-choc de la voiture. Elle a flippé mais elle y est arrivée comme une experte ! La balade dans la gorge d’El Questro est plus physique et plus longue que pour les autres, il faut compter au minimum 4 heures pour faire l’aller-retour. Le final est agréable mais Jaja a préféré Emma Gorge. Sur la route, elle verra des oiseaux que nous n’avons pas encore croisé, cette grue brolga par exemple, ou cette outarde d’Australie.

Même si nous voulons à tout prix faire de l’argent, il s’avère que la production est irrégulière et que Darryl, mon boss, est obligé de nous donner des jours de repos (au total, j’aurais 4 semaines incomplètes, du style 3-4 jours au lieu de 6 jours), et ça ce n’est pas bon pour les jours de ferme que j’essaie d’engranger ! Bref, tout de même grâce à ces jours de repos, Janaïna et moi nous lançons à la découverte du Lake Argyle car tout le monde nous en parle et ce n’est qu’à une heure de Kununurra. C’est une des attractions de la région. Nous partons dès 15h pour profiter de la piscine à débordement du Caravan Park du même nom mais surtout des dernières lueurs du jour.

Le lendemain, nous nous levons très tôt pour profiter pleinement de notre journée et prenons un petit déjeuner gourmand car la matinée sera physique. Nous allons à même le lac faire du kayak pour une durée de 4h, de 8h à 12h. La location du kayak est de 25$ par personne.

La sortie est agréable (même si j’en chie et que Jaja me met un train d’avance par moment), nous nous sentons vraiment seuls au monde car nous pagayons dans un calme olympien. Nous n’apercevrons malheureusement pas de crocodiles (les petits, rassurez-vous) mais ce n’est que partie remise, nous l’espérons. Nous irons jusqu’au Jump Rock où il est possible, comme son nom l’indique, de sauter d’un rocher. Je ne sais pas exactement à quelle hauteur était le point le plus haut (entre 5 et 8 mètres) mais c’était rigolo de se jeter de la falaise.

Le trajet du retour pour rejoindre le point de départ est épuisant malgré tout mais nous y serons parvenus par la force du mental :). Nous pique-niquerons près du barrage, sur une aire prévue à cet effet avec de nombreux oiseaux berceau qui joueront les curieux et surtout les grosses gueules ! Et irons une dernière fois profiter de la piscine avant de retrouver notre chez nous.

Autre soirée, autre endroit à visiter à quelques pas de notre ferme, l’Ivanhoe Crossing. Nous irons avec Baptiste, Mélanie, Romain et Anaïs, et même si les locaux aborigènes nous avertissent de la présence des crocos, tout le monde décide de traverser le “pont” à pied tandis que je le traverserais en voiture car je suis un gamin et j’adore rouler dans l’eau (et que j’ai un gros 4×4 :p). Connu pour être un bon spot de pêche, cette simple chaussée en béton traverse l’Ord River et était la route principale pour rejoindre Wyndham. Tout de même un bel endroit très photogénique.

24 Septembre, voilà que Janaïna vit son dernier jour à l’Ivanhoé Café. Pour ma part, c’était moins une pour terminer mes 88 jours de ferme car le patron me dit qu’il n’y a plus de boulot un peu avant cette date. Mais finalement, Darryl a passé quelques coups de fil et il s’avère que certains magasins réclament encore des butternuts donc c’est reparti pour une semaine sûre. De quoi obtenir la totalité de mes jours :D. Bref, pour la dernière soirée de Jaja, toute son équipe décide d’inviter Sue et Darryl, nos patrons respectifs, à la Pump House, l’un des deux meilleurs restaurants de la ville avec le Country Club que nous avions déjà testé. Donc cette ancienne station qu’est la Pump House est une structure iconique bâtit sur le lac Kununurra et était autrefois une partie intégrante du système d’irrigation de l’Ord River. L’endroit a été effectivement “désaffecté” en 1971 et est finalement devenu un restaurant en 2008. En tout cas, la soirée était cool et l’endroit est très bien placé.

Comme nous avons les meilleurs patrons de la ville, nous ferons un sortie en avion pour visiter vu des airs les attractions aux alentours de Kununurra. Cette activité vaut la modique somme de 355$ par personne (avec la compagnie Kingfisher Tours) alors nous nous sentons vraiment privilégiés d’effectuer ce petit tour en avion qui durera tout de même 2 heures. Bon d’accord, l’Australie comme nous avons pu le constater, c’est des étendues arides, sans rien et parfois, vu de l’avion ce n’est pas grandiose.

Nous survolerons tout de même cette ville dans laquelle nous avons mis les pieds, mais également le Lake Argyle où nous avons pagayé quelques heures, aussi le parc national des Bungle Bungles qui offre un tout autre panorama vu du ciel. Nous aurons même le droit de voir une mine de diamant toujours en activité. Franchement sympa. Oui, sympa si je n’avais pas été malade. Agrippé à mon sac vomito, je tente d’apprécier les belles images qui paraissent sous mes yeux, mais parfois le pilote penche l’avion pour apercevoir les gorges de plus près et mon estomac en est tout retourné. Ce n’est pas la première fois que ma sensibilité stomachal (ou de l’oreille interne) me gâche la visite (rappelez-vous de notre rencontre avec les raies manta). Bref, nous avons apprécié la sortie et l’attention toute particulière de nos patrons, mais je suis tout barbouillé !

Malgré la cessation des activités liées aux courges butternuts et aux citrouilles, Darryl m’offre une dernière semaine de travail pour ramasser des mangues. Janaïna trouvera 3 jours de travail dans une usine qui trie les haricots et 4 autres jours dans une entreprise qui vise à améliorer les récoltes des fermiers du coin en effectuant divers tests sur des plantations comme les pois chiches, le millet, le chia. Sous une chaleur cuisante, Janaïna effectuera sa première expérience dans les champs et ce ne sera pas de tout repos surtout qu’elle fera plus de 40 heures en 4 jours.

Pour clôturer la saison comme il se doit, Darryl, mon boss, nous amène (mes collègues de l’île des Timor et moi) pour une sortie bateau sur le lac de Kununurra. Au programme, de la bouée tractée, un nouveau Jump Rock et une petite balade pour aboutir à une cascade. Mes collègues étaient excités comme des enfants, c’était leur première fois, je revois encore leurs sourires et entends encore leurs rires éclatants couvrir les bruits du moteur. C’était agréable pour nous et pour le patron !

Avant de dire définitivement au revoir à Kununurra, il nous faut simplement effectuer deux choses que nous laissons traîner depuis notre arrivée dans la ville (surtout car nous n’avions pas de jours de congés en commun et que nous avions la flemme). Dans un premier temps, on se rend au Kangaroo Haven, c’est un centre qui recueille les bébés kangourous orphelins et les nourrit. Mais ils ne s’arrêtent pas là car ils récupèrent également les oiseaux blessés (aveugles, ailes cassées, …) afin de les rabibocher pour les relâcher. C’était superbe de voir la dévotion de cette femme qui nous explique tout sur ces petites bêtes en manque de soins et de tendresse. Nous avons adoré !

Voilà, et la dernière des dernières choses avant de partir, c’est de grimper en haut de la petite montagne rocheuse que l’on aperçoit de notre campement pour voir le coucher de soleil. Ils annonçaient 1h pour 1,2 kilomètres d’ascension, en 10 minutes c’était plié. En tout cas, le point de vue est très sympa !

Cette fois-ci, il est vraiment temps de dire au revoir à Kununurra, à nos amis que nous reverrons sûrement et de laisser notre van Dundee entre les mains de nos patrons jusqu’à notre retour. Par contre, comment rejoindre Darwin désormais ? C’est soit nous utilisons le bus de la compagnie Greyhound qui part à 9h pour arriver 11h plus tard (et c’est 146$ par personne), soit nous nous lançons dans notre première expérience d’auto-stop (et c’est gratuit) ! Nous choisissons donc l’option 2 car nous préférons dépenser peu avant la prochaine destination. Il nous aura fallu attendre 1h30 pour qu’un vendeur de souvenirs nous embarque, il s’est simplement arrêté 2 heures au Lake Argyle pour vendre ses produits, mais nous sommes arrivés à Darwin comme prévu vers 20h30.

Super aimable en plus, notre chauffeur nous prendra en photo devant la frontière entre l’état du Western Australia et du Northern Territory.

Arrivés à 20h30 à Darwin, nous avions prévu l’hébergement à l’avance. Nous avons repris un HelpX pour les trois jours qu’il nous reste dans une famille adorable vivant dans une maison typique de Darwin, c’est-à-dire “bush tropical”. Nous nous occuperons de cette magnifique maison en contrepartie de l’hébergement et nous accompagnerons même Alison et Claire (nos 2 hôtes) à travers la ville pour admirer quelques galeries d’art. Oui, car Alison est peintre et sculptrice, et Claire est violoniste. Le séjour aura été court, mais nous rappelle encore une fois combien les Australiens peuvent être accueillants et chaleureux. Nous retrouverons également Gaël, l’ami belge, pour un petit dîner avant l’avion (il nous déposera d’ailleurs à l’aéroport bien gentiment).

Voilà nous sommes dans l’avion, avant de décoller vers la prochaine destination, nous faisons une escale à Sydney et c’est un bon moyen pour revoir la toute première famille chez laquelle nous sommes allés (Kim & Raymond) et dans laquelle nous avons été accueilli comme des rois. De quoi nous raconter ce qui s’est passé durant cette année et de nous retrouver derrière un très bon jeu de société (Catan, pour ceux qui aiment le Risk par exemple).

 

 

Allez, on vous retrouve bientôt, de même pour l’Australie. C’était top mais ce n’est pas fini :p. Bisous à vous tous.

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