Ça fait un bail, n’est-ce pas ? C’est donc reparti pour un peu, que dis-je, beaucoup de lecture :p !

Entre Port Hedland et Broome, 600 kilomètres ! À part des roadhouse pour refaire le plein (avec des paons…) et des aires 24HR Stopping, rien à l’horizon. N’empêche que même s’il y a rien, nous pensons entendre Baptiste et Mélanie (les amis de Camille et Clément croisés au Karijini) au moment où nous allons nous coucher sur cette même aire de repos. Nous pensons car nous croyons reconnaître le super accent anglais de Baptiste qui discutait avec un australien. Bref, nous verrons bien demain.

Nous continuons donc d’avaler des kilomètres jusqu’à Broome et à peine nous arrivons dans cette ville que nous sentons déjà que l’endroit nous plaît. Les roches rouges contrastent avec la végétation et le bleu pénétrant de la mer, encore une fois dommage de ne plus posséder de drone pour avoir un point de vue sur cette terre ocre qui borde la mer. Allez, on ne désespère pas pour le drone. Gantheaume Point a été l’un de nos repères durant cette semaine passée à Broome parce que les côtes nous rappellent un peu la Bretagne et que c’était un spot de pêche correct pour faire passer le temps (eh oui, nous avons réussi à en attraper ! Mais bon ils étaient trop petits ^^). On y retrouve même des traces de pattes de dinosaure à marée basse mais malheureusement nous ne verrons que celles façonnées par l’homme à l’aide d’un pochoir…

Town Beach est un endroit également agréable pour se détendre. La plage en soit ne vaut rien, mais l’azur de l’eau bordé par les mangroves (avec rarement la présence de crocodile) donne un joli panorama.

Cable Beach est notre deuxième repère à Broome parce que nous y avons retrouvé Baptiste et Mélanie, parce que nous y avons mangé chaque soir, parce que nous y avons fait trempette (oui, il s’agit de l’une des dernières plages où l’on peut se baigner, les futures plages seront désormais l’habitat de grosses bebettes, les crocodiles), parce qu’on y trouvait les seules douches gratuites de la ville, parce qu’on y faisait un peu de sport et parce qu’il y avait aussi ce joli spectacle qu’est la petite balade des dromadaires le long de la plage, accompagné par un coucher de soleil comme on en fait peu.

À part déposer des CV dans les hôtels et restaurants du coin, nous nous occupions comme nous pouvons, tantôt au marché pour découvrir les produits locaux ou même des serpents en liberté qui grimpaient sur la tonnelle (ils appartenaient à un refuge), tantôt à la plage.

Et tout en essayant d’être discrets, nous redevenions les gens du voyage que nous avions laissé de côté afin de faire sécher notre linge…

Les filles ont eu la bonne idée de vendre des crêpes sur la plage de Town Beach mais malheureusement, rien n’est rentré dans la tirelire mais tout est rentré dans nos ventres pour éviter tout gaspillage… Pour les déguster comme il se doit, nous avons pris notre 4×4, nous avons embarqué les filles à l’arrière et nous avons roulé le long de la plage de Cable Beach pour nous poser à même les vagues afin d’admirer les célèbres dromadaires de Broome.

Et puis une séance photo a suivi…

N’ayant eu aucune réponse pour un éventuel travail, nous poursuivons la route en faisant un arrêt à Derby pour observer le Boab Prison Tree, rappelant les horribles périodes que le peuple aborigène a dû enduré. En effet, avant que la ville de Derby soit établi en 1883, le peuple aborigène a été kidnappé depuis la région de Kimberley Ouest. Les kidnappeurs, connus sous le nom de “blackbirders”, étaient des colons reliés à l’industrie de la perle. Ils recherchaient des plongeurs et des travailleurs pour leurs bateaux de perles. Ils ont alors rassemblé le peuple aborigène, les enchaînant et les traînant jusqu’aux côtes. À quoi servait donc cet arbre, simplement à les garder captifs en attendant qu’un bateau arrive. Sale histoire en somme…

Derby est également le point de départ (ou d’arrivée) de la fameuse Gibb River Road. Après s’être tâtés, nous avons préféré prendre la route principale pour rejoindre Kununurra, quitte à manquer des beaux endroits, nous le savons, mais surtout afin d’éviter toute mésaventure et réparation non prévue dans le budget. Oui car la Gibb River Road est une portion de route de plus de 600 kilomètres avec des rivières à traverser uniquement praticable avec un 4×4. De plus, nous étions accompagnés de Baptiste et Mélanie qui n’avait qu’un van 2 roues motrices donc nous avons peut-être fait les fiottes mais nous avons jouer la prudence.

Après avoir poursuivi notre chemin, traversé la ville de Fitzroy Crossing, rencontré vaches et zébus tout au long de la route, nous nous arrêtons une nouvelle fois sur une aire 24HR Stopping entre Halls Creek et Ord River. Nous essayons d’allumer un feu dans un foyer de fortune malgré la sécheresse alentour, seul résultat, nous avons failli foutre le feu au campement. À défaut d’avoir la lumière au sol, on essaye de la capturer au dessus de nos têtes, la pollution étant inexistante.

Nos chemins avec Baptiste et Mélanie se séparent pour un petit moment parce que nous choisissons de faire un détour par le parc national des Bungle Bungles aussi appelé Purnululu. Nous y allons seuls car il est uniquement accessible en 4×4.

Nous avons passé plusieurs rivières avec Dundee, les premières se traversent tranquillement mais lorsque nous arrivons devant une étendue d’eau d’une trentaine de mètres, nous faisons moins les malins. Mais c’est passé sans encombres, avec certes un peu d’anxiété mais une bonne dose d’adrénaline (nous avions de l’eau jusqu’à mi-parechoc). Nous passons ensuite la station de ranger pour payer l’entrée au parc (12$) mais également une nuit au Kurrajong Campsite (20$). Suite à ça, nous commençons notre petite balade en démarrant par le Domes Trail qui ne présente pas un énorme intérêt mais nous emporte déjà au plus près de ce qui fait la beauté et la caractéristique du parc national, les roches en forme de dôme.

Nous marchons le long de Piccaninny Gorge, longue de plusieurs dizaines de kilomètres, pour atteindre Cathedral Gorge. La petite randonnée est très agréable même si la chaleur intense se fait ressentir. On trouve sur notre chemin plusieurs grenouilles sèches et mortes qui offre un passage où le bouchage de nez est conseillé. Cela dit, le spectacle devant nous est saisissant, les roches nous entourent au plus nous progressons et le final est plutôt super sympa.

La voûte rocheuse est difficile à deviner sur les photos mais l’écho est bien là lorsque nous faisons du bruit. Dommage que l’eau en face de nous soit une mare d’eau stagnante (en effet, pas de cascade durant la saison sèche…). Toujours est-il qu’on a adoré s’y poser pour déjeuner.

Après avoir alimenté nos bidons en énergie (non négligeable), nous continuons la balade vers le Piccaninny Lookout et ensuite vers The Window. C’est beau, c’est calme, il n’y a personne mais qu’est-ce qu’il fait chaud. Pas moins de 36°C, c’est certain.

Nous faisons finalement machine arrière car il fait vraiment très chaud et nous n’avons pas prévu assez d’eau. Nous rejoignons donc l’aire de camping du parc national et improvisons une douche avec les moyens du bord pour décrasser nos corps tous transpirants. Jaja se fera attaquer par les innombrables moustiques comme d’habitude, mais aussi par des centaines d’échardes en forme de mini fourchettes en fouinant dans les arbustes à la recherche de bestiole, curieuse comme elle est.

Le lendemain, nous réservons notre matinée à la découverte de l’autre côté du parc, plus particulièrement The Chasm (= gouffre). Encore une fois, nous déambulons dans le lit de la rivière (sèche à cette époque de l’année) et nous sommes agréablement surpris par ce magnifique décor de palmeraie. Nous avançons au milieu des conglomérats de roches à la couleur orangée dû à leur contenance en fer (elle prennent cette teinte car elles sont exposées aux éléments naturels, c’est un peu la rouille qu’on retrouve sur une vieille voiture), et petit à petit, les palmiers laissent place à l’entrée du Chasm. Les murs se rapprochent à mesure que nous avançons, et même si ça sent l’oppression, nous avons cette impression de pénétrer dans les entrailles de la Terre.

Suite et fin de la balade au niveau du Osmand Lookout avec un panorama infini sur les dômes et la verdure omniprésente.

Sur la trajet du retour, à peine quelques minutes après avoir quitté le Chasm, nous trouvons un autre lookout qui donne un nouveau point de vue idéal pour faire quelques photographies (et où nous trouverons même des oiseaux qui ressemblent à des pigeons qui marchent plus qu’ils ne volent et également de couleur rouille, Janaïna a d’ailleurs failli marcher dessus tellement ils se confondent avec la terre).

Voilà, les Bungle Bungles c’est terminé, il faut désormais effectuer le trajet retour et la traversée de la rivière (c’était clairement plus facile la deuxième fois). Nous rejoignons finalement la ville de Kununurra où nous allons dans un certain sens nous éterniser. Baptiste et Mélanie sont déjà là et ils ont même pu obtenir 3-4 jours de boulot dès leur arrivée.
C’est aussi là que commence la remise en question de notre visa, en effet, nous avons finalement décidé de nous donner l’opportunité de retourner en Australie pour finir de voir ce que nous avons manqué mais surtout pour y travailler dans un contexte qui nous est propre (pâtisserie pour Jaja et informatique pour Kévin). Pour cela, il nous faut obtenir 88 jours de ferme (relatif à notre visa 417), heureusement nous avons déjà quelques jours de ferme que nous avons obtenu à Margaret River dans les vignes, il suffit de compléter tout ça. Nous postons alors plusieurs annonces que ce soit sur GumTree, sur le panneau publicitaire de Coles et nous assistons même aux réunions du vendredi de la seule agence de la ville qui gère les jobs avec les fermes avoisinantes, JobShop.

Kununurra est connu pour ses plantations de citrouilles, butternuts et autres mangues, quinoas, pois chiches, etc. Malheureusement, les saisons ont pris du retard mais nous avons tout de même attendu. Heureusement avec Baptiste et Mélanie, le temps passe un peu plus vite car nous partageons un peu plus que si nous étions que tous les 2. Nous connaissons désormais tous les genres d’oiseaux qui occupent le Celebrity Tree Parc, et c’est plutôt un bonheur pour nous qui adorons ces petites bêtes.

Malgré l’attente, nous avions de magnifiques images dès le coucher du soleil sur le lac où nous pouvions apercevoir quelques “freshwater crocodiles” si nous étions chanceux. Ils ne sont pas très grands (1 mètre 50 en général) et ont une mâchoire qui effraient moins que les “salty crocodiles”, bien plus gros et flippants (peuvent atteindre plus de 6 mètres).

Pour patienter, nous irons passer une nuit dans la ville voisine de Wyndham (à 1 heure de Kununurra). On nous avait beaucoup parlé des crocodiles à cet endroit, malheureusement, notre seule consolation c’était de voir l’énorme sculpture en plein milieu de la ville (qu’on pourrait qualifier de morte…).

Nous engageons également une ascension avec la voiture pour arriver aux “Five Rivers Lookout” (ascension qui s’est avérée difficile car la voiture broute de plus en plus…), un endroit correct mais sans plus.

Le lendemain matin, nous petit déjeunons en bas près de la rivière, dos à cette dernière. Un australien qui passait par là nous prévient qu’il y a un crocodile de plus de 4 mètres qui vit juste derrière nous depuis plusieurs années et que même s’il n’avait jamais fait de dégâts humain, valait mieux être vigilants :D. Sur ce très bon conseil, nous partons rejoindre notre chez nous, Kununurra.

Le parc de Kununurra sera pour nous notre espace détente, notre jardin, notre cuisine, notre terrain de jeux, notre salle de sport, un peu de tout quoi. Nous nous y ferons chié, comme nous nous y amuserons.

Nous irons également découvrir le parc national de la ville, Mirima. Rien à voir avec les Karijini et autres grands parc nationaux, mais l’endroit a eu le mérite de nous occuper quelques heures.

Être à Kununurra et ne rien faire, c’est le meilleur moyen d’être en cohabitation avec la nature. Nous cherchions les meilleurs spots de pêche, nous irons jusqu’à suivre les déplacements de milliers de chauves souris et débusquer les plus beaux oiseaux. Nous découvrirons également de nombreux boab, voisins des fameux baobabs de Madagascar. Chose assez rigolote, les locaux les appellent les “Upside Down Tree” car le haut de ses arbres ressemblent étrangement aux racines qui doivent se trouver sous terre.

Le 21 juin, nous célébrerons nos 6 ans de vie commune avec Janaïna dans l’un des meilleurs restaurants de la ville, le Kelly’s Bar & Grill (clin d’oeil à ma petite soeur ^^). Un bon moyen pour nous de changer de notre nourriture banale, de nous faire servir, de picoler un peu et de rire un bon coup.

Le lendemain, Jaja a finalement obtenu un job au Ivanhoé Café qui jouxte la ferme du même nom. Ce qui est bien c’est qu’elle fera ce qu’elle aime (de la pâtisserie) et que ça compte pour ces jours de ferme, en gros, le bon plan. Bon ce n’est certes pas de la pâtisserie française mais c’est une opportunité qu’on ne refuse surtout pas avec notre besoin imminent d’argent. Grâce à ce job où elle alliera pâtisserie, service et prise de commande, elle trouvera le moyen d’apprendre l’anglais en s’immergeant complètement dans la vie australienne.

En attendant, toujours au parc, je patiente et fait une nouvelle fois des rencontres improbables avec cette mante religieuse venu d’un autre monde (elle faisait, sans mentir, la taille de ma main).

J’irais également au garage Barramundi Mechanical Service car la voiture fait un bruit de chaos dans le moteur, en effet, un roulement a rendu l’âme (je croyais que ma courroie était morte). Mais heureusement Craig, le gérant du garage me l’a remplacé gratuitement en 45 minutes (sachant que l’heure de main d’oeuvre est de 130$). Nous commanderons également un régulateur de pression d’essence car le notre doit être remplacé (il fuit, malheureusement, pièces et main d’oeuvre = 350$). Craig pense que la voiture broute essentiellement à cause de cette fuite, nous croisons les doigts pour que ce soit ça et non les bougies d’allumage qu’on nous avait conseillé de remplacer depuis Bunbury (au dessus de Margaret River).

Faute de l’envoi d’une mauvaise pièce au garage et en attente de recevoir la bonne, Dundee restera cloué au garage. Mais sachant que c’est notre maison, nous resterons dormir 2 nuits à cet endroit. Heureusement, ils nous fournissent l’électricité ! Finalement, la nouvelle pièce qui convient parfaitement est plus chère que prévue, la facture s’envole un peu plus (700$) mais Craig, professionnel et gentil comme tout, nous baissera la facture à 400$. C’était très aimable ! Bon même si après le remplacement de cette pièce, Dundee broute toujours un peu… Dans tous les cas, il aurait fallu le faire. Nous remettons tout de même le remplacement des bougies à plus tard.

Ca y est, j’ai enfin trouvé du travail, avec Baptiste qui plus est. Par le biais de JobShop, on nous offre un boulot de ramasseur de citrouille et courge butternut ! On nous prévient de l’ardeur de la tâche mais nous voulons nos jours de ferme (mais aussi de l’argent) alors on dit oui tout de suite. Et nous ne serons pas déçus…

Mais pour vous ménager, car il y a beaucoup de lecture, on vous raconte tout dans le prochain article !

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