Voilà, nous nous retrouvons enfin. Et pour le coup, il y aura beaucoup de lecture… C’est donc fini Margaret River, nous disons au revoir à notre hôte Caralynn qui aura été d’une gentillesse extrême avec nous et les autres. Nous devons nous rendre à Bunbury, ville à 1h30 de Margaret River et à mi-chemin de Perth, pour effectuer un check-up de la voiture avant de reprendre notre roadtrip : “La prudence avant tout”. Et puis le prix bat toute concurrence, 20 $AU seulement ! Rendez-vous à 9h donc à EBH, nous déposons Dundee puis profitons de la Wi-Fi gratuite du McDo pour continuer les recherches sur les visites à faire. C’est une heure plus tard qu’ils nous rendront le verdict sur son état. Pas de panique, des changements à faire, mais qui selon lui ne pressent pas. Il nous aura par ailleurs changé le filtre à essence, que nous avions préalablement acheté sur eBay, pour la modique somme de 10 $AU. Donc petite facture de 30 $AU et pas de réparations majeures, de quoi nous rassurer !

Nous ferons ensuite un détour dans le centre-ville pour tenter de négocier la réparation de notre GoPro. Il y a 3-4 mois, nous l’avions abîmé en la laissant sans protection, le verre de la lentille étant maintenant rayé. Nous avions donc acheté une lentille de remplacement toujours sur eBay et c’est en voulant jouer les apprentis techniciens que nous avons empiré la situation (surtout qu’elle est tombée au sol alors qu’elle était ouverte). Résultat, les circuits électroniques sont désormais arrachés mais la lentille est remplacée… . Pas de bol, le gars nous annonce 200 $AU, et le réparateur ne revenant que dans 2 semaines, il aurait fallu attendre ou du moins nous la faire renvoyer par la Poste une fois les travaux effectués. Nous abandonnons l’idée 🙁 !

Nous remontons alors vers des contrées que nous connaissons déjà, en marquant un arrêt aux Serpentine Falls (juste à côté de la ville de Rockingham) que nous avions manqué lorsque nous étions sur Perth. L’entrée dans le parc national du même nom est payante (12 $AU) et nous paierons cette fois car des caméras surveillent les allées et venues des visiteurs. La chute en elle-même n’est pas grandiose mais le coin est paisible et truffé de kangourous dont certains sont plus farouches que d’autres (oui, parce que quand il y en a qui grognent et qui bombent le torse, ce n’est pas rassurant).

Suite à cette visite, nous irons en banlieue de Perth car nous vendons le drone ! Eh oui, ce dernier perdant énormément de côte, nous préférons le céder avant qu’il n’ait plus de valeur et pour, espérons-le, le remplacer par du plus haut de gamme. Si travail il y a sur la route, drone il y aura ;). Nous prospérons ainsi vers le Nord, nous qui voulions un peu plus de chaleur, c’est déjà chose faite ! À peine 400 kilomètres parcourus et on se prend 6 ou 7° de plus ! Nous réalisons également que nous allons effectuer notre dernier plein d’essence à pas cher (1,16 $AU), car là-haut, ce sera tout à fait autre chose. Bref, nous passerons la nuit en banlieue. Le lendemain, nous avalerons un peu plus d’asphalte sachant que d’une grande ville à une autre, il y a au moins 200 à 300 kilomètres de désert qui les séparent. Nous roulerons d’abord à travers des quartiers neufs le long de la côte, qui grignotent les zones anciennement désertiques. Nous passerons ensuite devant les énormes dunes de sable de Lancelin qui viennent ajouter du relief et de la blancheur au paysage, façon Dune du Pilat.

La prochaine étape, c’est les Pinnacles Desert (entrée également de 12 $AU, et impossible de passer outre, peut-être après la fermeture des guichets à 16h30…). Enfoncé un peu dans les terres, cet endroit est assez particulier. D’un sable jaune tout droit sorti de l’univers de Mad Max, s’érigent des monticules de calcaire sortis de Dieu sait ou. Petits et grands, tous se confondent et contrastent étonnamment bien avec le bleu du ciel ! Nous opterons pour le petit circuit de 4 kilomètres en voiture et ferons quelques arrêts dans ce décor désertique.

La suite est plus ou moins quelconque, nous nous poserons dans la ville de Geraldton pour y passer la nuit. Geraldton est ce qu’on appelle une ville “Friendly” car elle met à disposition des emplacements pour les vans et les camping car en plein centre-ville. Nous avions déjà apprécié ce genre d’endroit dans le South Australia par exemple. Ce soir-là, nous serons nombreux à partager l’aire de repos. Ce n’est qu’à 9h que nous partirons enfin de Geraldton, après avoir fait le plein de courses, d’essence et après avoir fait l’acquisition d’une bidon d’essence de 10L (qui nous aura coûté 23 $AU au fameux Supercheap Auto de la ville). Nous aurons juste vu l’ensemble de la ville en voiture ce qui suffit amplement vu l’intérêt de cette dernière.

La prochaine étape, c’est Kalbarri, on ne voit pas les kilomètres passer, des déserts nous entourent mais nous longeons la côte alors la température reste clémente : 35° ! Ce n’est que 4 heures plus tard que nous arrivons sur les côtes de Kalbarri où plusieurs jolis points de vue s’offrent à nous. On essaye de tous les faire plus ou moins, nous passerons donc par le Natural Bridge, Island Rock, Eagle Gorge, Pot Alley, Red Bluff

Une fois ces différents “lookout” aperçus, nous pénétrons en plein cœur du parc national. Il est connu pour sa fenêtre de pierre qui donne directement sur la Murchison River. Manque de bol, en passant devant la route qui y mène (vers la fenêtre et d’autres points d’intérêts comme le Z-Bend), un panneau nous indique que l’endroit est fermé pour cause de travaux de novembre 2016 à juillet 2017 (soit disant parce qu’ils construisent un SkyWalk…), ce sera donc pour une autre fois ! En continuant notre chemin, nous pouvons accéder tout de même à Hawk’s Head et Ross Graham. Un check-point avec une “Honesty Box” s’y trouve (le personnel du parc attend que les gens paient l’entrée du parc de manière honnête), nous décidons de ne rien donner pour la simple et bonne raison que la plus grosse attraction n’est pas “visitable”. C’est donc en délinquant que nous pénétrons dans ces terres devenus ocres, toujours accompagnés par des mouches par centaine. Beaucoup de gens que nous croisons (y compris nous) ont une moustiquaire de visage, nous sommes tous un peu ridicules mais ça nous protège comme il faut. Au point de vue Hawk’s Head, un superbe panorama sur un canyon s’étale devant nos yeux et à Ross Graham, nous descendrons jusqu’à atteindre la Murchison River en empruntant un chemin parsemé de roches où nous appréhendons toujours de tomber sur Dieu sait quel serpent venimeux. Mis à part les perruches et les mouches, nous ne croiserons rien de bien méchant.

Pour la nuit, nous trouverons un super coin au milieu des “caravaneurs” de luxe (j’entends retraités avec gros 4×4 qui tractent une caravane de 9-10 mètres avec des roues de 4×4) sur un terrain “24 HOUR STOPPING” le long d’une rivière comme nous en trouverons d’autres durant notre road trip.

Au matin, nous serons plongés dans une purée de pois, nous ne voyons pas à 3 mètres mais une demie-heure après avoir pris la route, ce dernier se dissipera pour laisser les rayons du soleil nous transpercer. Nous prenons la direction de Monkey Mia, où nous ferons un arrêt pour voir les stromatolites d’Hamelin Pool. Curieux de savoir ce qui nous attend, nous apprendrons que ces stromatolites, formés par des cyanobactéries, seraient la plus ancienne forme de vie terrestre sur notre planète. À Hamelin Pool, ce phénomène s’accompagne d’un cadre tout bonnement paradisiaque avec une passerelle qui surplombe les eaux translucides.

Autre escale sur la route, la plage de Shell Beach qui n’est constituée que de petits coquillages avec une eau des plus turquoise mais deux fois plus salée que la normale.

Plus au nord, nous nous arrêterons à Eagle Bluff, où il est normalement possible de voir une faune riche du style requins de récif, tortues, raies… Mais nous n’observerons rien de tout ça. C’est tout de même un très bel endroit où se poser et à défaut, nous verrons un couple d’émeus en arrivant sur les lieux.

Quelques kilomètres plus loin, on retrouve Denham, l’un des seul villages dans les environs. Vous y trouverez essence, ravitaillement et camping (à des prix plus élevés étant situé au milieu de nulle part). Mais nous préférons continuer pour enfin nous poser a la plage de Monkey Mia. Nous croyons y découvrir un village mais ce n’est en fait qu’un cul de sac qui mène sur une plage et un camping occupé par un très grand nombre de touristes, mais pas que.

Passage obligatoire par le checkpoint de la réserve marine de ce site (12$AU par personne pour une durée de 24h). Le complexe “hôtelier” ayant l’exclusivité sur la plage, nous nous y rendons histoire de s’y poser (en dérogeant à notre règle qui est de ne pas dépenser un rond pour l’hébergement) car le parking qui jouxte le camping est très certainement surveillé par les rangers du coin. Nous paierons 35$AU pour un site sans électricité mais nous jouirons des douches chaudes, de la piscine et de la plage où se côtoient pélicans, dauphins, raies et tortues.

L’établissement ne semble pas surchargé mais les emplacements ont quand même quasiment tous été pris d’assaut. Nous déploierons table et chaises, nous nous accorderons même une pinte de bière au bar (c’était l’Happy hour ! Radins bonjour :)), et dormirons le toit ouvrant béant comme nous le faisons depuis que nous sommes partis de Margaret River pour avoir un beau spectacle sur les étoiles et ce vent nocturne pour rafraîchir notre sommeil.

Nous nous levons de bonne heure pour assister à l’attraction ô combien touristique du nourrissage des dauphins. Nous débarquerons sur la plage, voyant les premiers ailerons des cétacés émanant de la mer. Nous sommes amenés à rejoindre le flux de touristes sur le ponton car ce n’est pas encore l’heure. 7h45, nous nous approchons de la mer, tandis qu’une petite dizaine de dauphins s’approchent du rivage. Ils sont plus d’une vingtaine au total mais tous ne sont pas au rendez-vous ! Alors que nous avons le droit à de nombreuses explications sur ces mignonnes petites bêtes, chacun s’émerveille devant ce ballet. Le nourrissage est très réglementé aujourd’hui car dans le passé, le sur-nourrissage et du coup le fait de ne pas les inciter à chasser de manière naturelle, en a fait disparaître un bon nombre. Dorénavant, c’est 1 kg de poisson par jour (les dauphins doivent se satisfaire de 12 kgs) donc de quoi les obliger à suivre leur comportement naturel. Aussi, ils ne nourrissent que les femelles car les mâles s’avèrent être plus “brutaux”.

Nous jouons donc le jeu touristique du tirage au sort ! Qui va donner le poisson aux dauphins ? Mais nous ne serons pas choisi car nous sommes teellllement nombreux :(…

Nous assisterons aux 2 nourrissages sur les 3. L’attraction en elle-même émerveillera ceux qui rêvent de voir des dauphins, c’est sûr ! Pour nous, c’était génial de les voir de si près MAIS on se serait vraiment cru dans un parc aquatique et ça dénature la rencontre avec ces cétacés (éternels insatisfaits).

Bref, nous remballons notre campement de fortune pour prendre la route vers la “grande ville” qu’est Carnarvon (7000 habitants). Difficile de qualifier une grande ville quand c’est désert. En effet, nous roulerons 4 petites heures au milieu des termitières, des étendues sauvages où naissent des tornades de sable, pour découvrir en pleine après-midi une ville quasi morte. À part quelques nomades comme nous qui viennent refaire le plein de vivres et d’essence, rien à l’horizon. Toutes les devantures dans la “galerie marchande” sont closes. Carnarvon est connue dans le sens où elle produit 70% des fruits et légumes exotiques de l’Australie (quand même !). Ça ne devait finalement pas être la saison des récoltes d’où cette ambiance quelque peu étrange. Nous irons jeter un œil à la One Mile Jetty avant de fuir ce trou à rat. Jeter un coup d’œil parce que pour la traverser, il faut débourser 5$AU (encore plus cher que celle de Busselton alors qu’elle semble être en plus mauvais état). Nous emportons avec nous quelques clichés des épaves et ruines qui constituent le musée d’à côté.

Nous passons notre chemin et cherchons finalement un endroit où dormir au nord de la ville en direction de Coral Bay. C’est là que nous apercevons les champs qui s’étendent à perte de vue (bananes, tomates, mangues, …) et là nous comprendrons mieux les 70%.

Nous trouverons une aire de repos juste à côté de la route mais ça ne nous convient pas alors nous continuons en suivant le panneau “Quobba Blowholes” alors que le soleil se couche petit à petit. Nous atterrirons après 45 minutes dans un endroit magnifique, coupé de tout. D’un côté, le phare qui se tient seul face à la mer qui s’agite et percute ces côtes rocheuses ocres, tous droits sortis de Mars. L’endroit est désert et calme, même si les vagues savent se faire entendre mais mieux vaut ce genre de berceuse que des roadtrains en pagaille.

Les étoiles étaient également plus visibles que jamais car aucune pollution, aucune lumière… Voyez plutôt :

C’est compliqué de faire transparaître par de simples mots ou photos à quel point certains endroits provoquent ce sentiment de liberté mais cette solitude ponctuée par la présence de dauphins (oui, encore), de balbuzards (la région en regorge), de cette pleine lune accompagnée de milliers d’étoiles comme plafond astrale, c’est indescriptible et beau à la fois. Enfin bon, on s’égare ! Nous admirons une dernière fois cette faune dense et ces vagues clinquantes créant des explosions d’eau de plusieurs mètres, avant de faire machine arrière pour retrouver l’axe principal qui mène jusqu’à Coral Bay. Nous aurions pu longer la côté jusqu’a Gnaraloo sur une piste 4×4 mais nous n’aurions pas pu atteindre notre destination par ce chemin (et ça nous aurait pris des plombes).

Plusieurs centaines de kilomètres (toujours cette route bordée de nids de termites par centaines) suivirent avant d’atteindre Coral Bay, endroit réputé avec Exmouth pour ces excursions en compagnie des requins baleines. Nous rejoignons la plage principale en passant devant plusieurs campings tous aussi blindés les uns que les autres. On retrouve beaucoup de vans sur le parking, dont un qui appartient à un couple de lillois à qui nous avions vendu une canne à pêche à Margaret River et avec qui nous déjeunerons. Nous discuterons également avec deux autres français (Camille et Clément) pour savoir où dormir, où se doucher (les rudiments des romanos que nous sommes devenus). Verdict, il faut faire 30 kilomètres pour dormir sans se faire déranger par les rangers, pas top donc !

Nous sonderons tout de même dans les hôtels et restaurants pour savoir s’ils recherchent du personnel mais nous faisons chou blanc. Nous nous renseignerons alors sur les prix pour nager avec les requins baleines mais encore une fois (comme à Port Lincoln avec les cages à requins), les tarifs sont exorbitants : 380$AU par personne en snorkeling… . De quoi faire un petit trou dans notre compte bancaire sachant que des réparations sur Dundee s’imposent… Nouvelle déception, mais ce n’est que partie remise (dans un autre pays de préférence). Avant de laisser Coral Bay derrière nous, nous effectuerons notre séance de snorkeling obligatoire (car comme le nom de la ville le sous-entend, nous sommes proches de la barrière de corail). Vêtus de nos combinaisons de plongée (il est conseillé de les porter à cause de la présence des méduses “irukandji” qui provoque le syndrôme du même nom, c’est-à-dire un arrêt cardiaque si la piqûre n’est pas traitée). Janaïna emportera du pain de mie pour attirer les petits poissons et notre Opinel au cas où l’on rencontrerait un requin menaçant ^^. Pas de photos malheureusement car toujours pas de GoPro, mais mis à part des coraux denses mais bien affaiblis et des superbes poissons aux couleurs pittoresques, rien à signaler.

Le soir même, une envie de poisson nous a fait bouger au port pour y poser la canne à pêche, mais en bien piètre pêcheur, nous n’emportons pas d’appât ! Cependant, quelques morceaux de poulet auront fait l’affaire si seulement le deuxième poisson attrapé n’avait pas pété la ligne et emporté avec lui notre dernier hameçon. Janaïna fière de sa première prise (pas plus de 15 cm) voulait absolument la faire griller pour l’apéro mais la nuit déjà tombée et les barbecues tous occupés, nous avons abandonné l’idée. Nous ne jugerons pas cette ville car nous n’y avons passé qu’une après-midi, mais il est vrai que nous n’avons pas été très enthousiastes de l’avoir “visité”. Une simple rue avec quelques campings hors de prix, des activités qui vous coûtent un bras, une épicerie où la nourriture vaut 2 à 3 fois plus cher que la normale. Bref, nous continuons notre route en espérant trouver mieux ailleurs.

C’est quelques heures plus tard, après avoir passé la nuit en bord de route, que nous arrivons à Exmouth, ville fondée en 1967 simultanément à la création d’une base de communication très basse fréquence (on y verra d’énormes antennes qui viennent enlaidir la côte). De luxuriantes maisons y poussent comme des champignons. Elles sont quasiment toutes reliées à la marina et sont pourvus de yachts plus gros les uns que les autres. Nous tenterons d’en savoir plus sur la ville en se rendant à la librairie mais pour utiliser Internet, il faut payer… Seule possibilité, aller au “Visitor Center” où il est possible d’avoir 30 minutes de Wi-Fi gratuite (surtout que nous n’avons pas le moindre signal téléphonique avec ce maudit opérateur qu’est Vodafone !). Nous nous renseignerons sur les prix des excursions en bateau mais ils sont sensiblement les mêmes qu’à Coral Bay, nous décidons donc de sortir des CVs à la librairie et faire le tour des hôtels pour décrocher un job et ainsi pour espérer aller à la rencontre des requins baleines. Nous déposerons en priorité nos CVs au luxueux hôtel Mantarays Resort où les anciens propriétaires de Dundee ont bossé durant 3 mois en tant que “housekeeper”. L’idée nous a plu alors nous remplissons consciencieusement les 5 pages du formulaire pour postuler. Nous soupirons mais nous sommes contents d’y être parce que le cadre est magnifique et l’endroit est frais (nous croisons les doigts). Nous irons ensuite vendre nos compétences à 8 ou 9 autres hôtels et campings qui nous refuserons tout bonnement ou nous donnerons des réponses évasives du style “on ne sait jamais si on a besoin de quelqu’un”. Nous espérons sans trop y croire, car les propriétaires nous rappellent que la saison n’a pas vraiment commencé… Zut !

Après les CVs distribués, on fait notre “popote”, douche presque chaude face à la mer, vaisselle, courses (où nous retrouverons Camille et Clément de Coral Bay et à qui nous donnerons rendez-vous ce soir pour dîner ensemble), machine à laver… puis nous nous posons dans un parc à deux pas de la mer, certes à l’opposé du coucher de soleil mais avec une lune pleine qui s’affirme autour d’un dégradé de couleur irréel. Séance photo obligatoire !

Quelques minutes plus tard, Camille et Clément nous rejoignent et comme ils sont en tour du monde, c’est l’occasion de discuter voyages. Après avoir raconté nos périples réceptifs et ri de nos anecdotes, nous bougeons pour se trouver un endroit où dormir à l’abri des rangers. C’est 15 kilomètres plus loin, près des étranges antennes de la ville que nous nous installons, c’est à l’écart et il n’y a personne. En route, nous roulions à 40-50 km/h car il y avait des kangourous à la pelle (ne pas conduire en Australie la nuit surtout si vous avez le pied lourd, ça peut faire de gros dégâts).

Alors que nous sommes tous entrés dans nos vans respectifs, Jaja qui était en train de se préparer à fermer la porte du van nous fait signe de sortir car la police vient juste d’arriver. L’agent de police nous demandera simplement où nous comptions dormir, Janaïna répond alors que nous ne savons pas pour l’instant. Il nous conseille alors de dormir au pied du phare et de se réveiller assez tôt car ici les rangers passent régulièrement ^^. Sur le cul, nous sommes ravis que les fonctionnaires de police nous donnent des astuces :D. Nous prenons donc la direction du phare, toujours en roulant comme des tortues car les kangourous sont vraiment en bord de route. Ils traversent au moment où nous nous approchons d’eux, d’ailleurs, un kangourou aura cogné une portière du van de Camille et Clément alors qu’ils étaient à 15 km/h à peine (ils sont autant attirés par la lumière que nos lapins de France). Pas de bobo pour eux heureusement. Arrivés, nous photographions les étoiles avant de dormir et nous mettons le réveil à 5h30.

Nous sortirons finalement le bout de notre nez à 6h30 pour un agréable lever de soleil et nous constaterons que les policiers l’apprécient également car ils sont montés jusqu’au phare pour prendre une photo ^^. Nous passerons la journée à la plage en attendant une quelconque réponse mais de ce côté RAS.

Nous prenons alors la décision de visiter le Cape Range National Park qui se trouve sur la côte opposée d’Exmouth et nous rendons donc au DPAW (Department of Parks And Wildlife) pour réserver 2 nuits dans un campground (10$AU par personne donc 40$AU en tout pour 2 nuits), sans électricité biensûr. Encore une fois, nous dérogeons à notre règle de ne pas payer l’hébergement, mais nous n’avons pas le choix et nous n’avons pas envie de risquer une amende 5 fois plus salée !

Alors que nous sommes sur le point de quitter le centre-ville, nous apercevons un jeune émeu apeuré, il est vraisemblablement coincé dans un terrain vague bordé de clôtures, il fait un drôle de bruit en se cognant partout alors nous venons à sa rescousse (même si l’émeu fait un peu peur à Jaja). 5 minutes plus tard, le volatile enfin libéré s’en va buter de l’autre côté de la route contre une autre clôture encore tout affolé. Il a sûrement du se perdre le pauvre loulou… Bref, après une seconde nuit au phare, nous nous dirigeons vers le parc national et au niveau du checkpoint où il faut déposer 12$AU dans cette fameuse “Honesty Box” pour l’entrée, nous tombons nez à nez avec 3 dingos (un noir et deux marrons clair), dont un qui est penché sur une carcasse de kangourou, les babines pleines de sang. Ils ne se trouvent qu’à quelques mètres de Dundee, nous nous arrêtons alors pour prendre quelques souvenirs. Ils n’ont pas l’air méchants ou agressifs, on dirait vraiment des chiens, mais mieux vaut se méfier de ces petits monstres.

La côte du Cape Range fait plus ou moins 90 kilomètres, sans point d’eau potable (donc faire le plein avant de s’y rendre). Une fois au bas du parc, une route 4×4 vous permet de rejoindre Coral Bay. De notre côté, nous nous arrêterons un peu partout grâce à une carte prise au “Visitor Center”. Les 3 plus beaux coins de snorkeling étant Turquoise Bay, Oyster Stack et Lakeside. Il est tôt quand nous arrivons à Mangrove Bay, et encore un peu trop tôt pour se baigner à Lakeside alors nous marchons le long de la plage accompagnés de nos amis les kangourous. Nous suivons les centaines de traces d’animaux qui s’entrecroisent dans le sable ocre, ça nous amuse de deviner de quelle bête il s’agit (oui, on s’amuse avec un rien ^^).

Un peu plus tard, nous nous posons à Turquoise Bay. La marée est montante et tout le monde se fait surprendre par l’eau qui trempe les mots croisés et avale les tongs. Toujours est-il que l’eau turquoise est bien là. Le problème, c’est qu’en faisant du snorkeling, on n’y voit pas à 1 mètre (à cet endroit, deux courants contraires peuvent vous emmener au large si vous ne faites pas attention…).

Nous rentrerons finalement au campement “Kurrajong” que nous avions réservé, le “Camp Host” responsable de l’endroit viendra vérifier que nous avons bien payé pour dormir ici. Encore une fois, nous nous délecterons d’un magnifique coucher de soleil à l’australienne.

Le lendemain matin, nous privilégions une petite randonnée avant que les températures n’atteignent des sommets. Nous nous rendrons aux Mandu Mandu Gorge et marcherons en plein cœur du canyon qui ne présente aucune trace d’eau. Après avoir pris un peu de hauteur, nous aurons un agréable panoramique sur la côte et les vagues qui s’agitent contre la barrière de corail.

Le chemin n’est pas difficile en soi et c’est alors que nous longeons les côtes pour retourner à la voiture que nous sentons une étrange odeur de biquette. Nous nous approchons alors de la falaise assez abrupte et apercevons les coupables : deux biquettes allongées sur un pan de mur qui leur laisse à peine de quoi bouger. Nous ayant remarqué, elles disparaissent en un rien de temps, escaladant les roches escarpées, ne laissant que derrière elles une odeur bien prononcée.

Suite à cette randonnée matinale, nous irons sur le 3ème spot de snorkeling (Oyster Stack) où il est conseillé d’y aller à marée haute. Nous ferons 3-4 plongées en laissant une période de repos entre chacune, les coraux étant magnifiques, les poissons si colorés, nombreux et curieux… Nous y verrons même une tortue très calme malgré les courants puissants. En effet, nous sommes ballottés dans tous les sens en plus de dériver de 40-50 mètres depuis notre point de départ. Pas besoin de palmer et c’est pour cette raison que nous décidons d’en faire une à marée basse. Le risque était de nous blesser avec les coraux ou de les abîmer mais sans palmer et avec ce courant, nous nous laissions guider avec précaution et les yeux grands ouverts ! Deuxième nuit au camping, nous retentons de pêcher (ne jamais partir sur une défaite) mais nous repartirons bredouille, LOL.

Le troisième jour, toujours au matin, nous nous attaquons à une randonnée théorique d’1h30 à la Yardie Creek (dernier endroit le plus au sud du parc national avant la piste 4×4). Cette fois-ci, nous longeons tout de suite les falaises car l’eau est bien présente. Pas de difficultés majeures si ce n’est la chaleur. 1h suffira pour cette très belle balade.

Finalement, le parc national de Cape Range est plutôt agréable à découvrir. De beaux paysages et de quoi s’épanouir dans une mer clairvoyante, en plus ce dernier est tout à fait accessible pour ceux qui ne possèdent pas de 4×4. En revenant sur Exmouth, nous passons devant l’épave de Mildura et c’est à ce moment là que le drone me manque car une photo classique dans ces conditions ne vaut rien face à une photo aérienne.

N’ayant aucune réponse des différents hôtels d’Exmouth, nous continuons notre chemin vers un endroit que nous avions hâte de découvrir : le parc national de Karijini. Les kilomètres sont durs à encaisser sous cette chaleur (en croisant cette fois-ci vaches sauvages et brebis égarées) mais nous arrivons finalement à bon port dans la ville de Tom Price pour refaire le plein d’essence avant de disparaître derrière les “montagnes” qui composent le Karijini. Nous dormirons au point de vue “R.I.P Lookout“, endroit qui pourrait paraître glauque car de nombreux visiteurs disposent des roches gravées (en l’honneur d’un père, d’une mère ou d’un ami décédé…) les unes au dessus des autres. Ce qui est bien, c’est que personne ne nous embêtera et que la voie lactée était plus visible que jamais !

Arrivés au parc national, nous paierons 12$AU une fois de plus au checkpoint. Nous décidons d’accorder 2 jours complet à cet endroit, nous irons donc au soir réserver une nuit de camping aux Dales Gorge Campground (10$AU par personne sans électricité). Avant tout, nous visiterons les Weano Gorge de bon matin (nous avons de la chance car il n’y a pas trop de monde) et la magie du Karijini opère dès les premiers instants. Durant notre première marche à la “Upper Weano Gorge” et “Lower Weano Gorge“, la verdure qui se mêle aux roches rouges massives et aux eaux transparentes des gorges nous décrochent automatiquement des sourires, des “Oh” de surprise et des “Ah” d’émerveillement.

Le niveau des eaux nous arrivant à la taille et n’ayant pas prévu de maillots adéquats… nous déambulons en culotte et boxer afin de rejoindre la “Handrail Pool“.

Nous pénétrons finalement entre les falaises, qui ne vous laissent qu’un bon mètre de large (on s’imagine que nous allons finir dans un endroit secret), là où l’eau ruisselle jusqu’à finir sa course dans une piscine naturelle où la baignade est fraîche et revigorante. Nous retrouverons Camille et Clément que nous avions vu à Exmouth, accompagnés de Baptiste et Mélanie, deux amis qu’ils ont rencontré sur la route.

Nous irons également sur les hauteurs des gorges, au Junction Pool et à l’Oxer Lookout pour avoir une vue différente de l’endroit.

Après un bon déjeuner sous un soleil de plomb, nous débutons l’après-midi par la ballade des gorges Hancock qui mènent jusqu’à la magnifique Kermit’s Pool. Cette fois-ci, nous avons de l’eau jusqu’aux épaules si ce n’est davantage mais les différents stops sont juste superbes, nous pensons à l’Amphitheatre, la Spider Walk (où vous pouvez marcher le long des murs au risque de vous viander…) et finalement la piscine Kermit.

Il est à peine 15h alors nous décidons de terminer cette agréable journée avec la visite des Joffre Falls. Nous empruntons la gravel-road qui nous fait gagner de précieux kilomètres et de précieuses minutes mais qui nous fait malheureusement bouffer beaucoup de poussières (un nettoyage s’imposera dans la prochaine grande ville). Encore une fois, de bien belles images gravées dans nos têtes.

Nous nous rendons finalement au Dales Gorge Campground alors que la nuit avale les dernières lueurs du jour. Et il faut faire la queue dans la petite cabane des “Camp Hosts” (ceux qui s’occupent de l’aire de camping, en l’occurrence deux papys qui n’entendent plus grand chose) pour réserver sa place. Seul avertissement, attention aux dingos (mais nous n’en verrons pas) !

Le lendemain, comme nous en sommes très proches, nous nous rendons aux Dales Gorge qui mènent d’un côté à la Circular Pool et de l’autre côté à la Fern Pool et aux Fortescue Falls. Nous irons d’abord à la Circular Pool, enjambant les formations rocheuses et les arbres les transperçant. Ce décor nous fait un peu penser au “Livre de la Jungle” et au territoire hostile des orangs-outans et le résultat final est tout simplement magique.

Personne à l’horizon, Jaja se jette à l’eau pour de jolis photos.

Nous rejoignons finalement le côté opposé de la gorge, toujours au milieu d’une faune surprenante pour atterrir finalement aux Fortescue Falls où la baignade est plus que conseillée.

Nous croiserons une nouvelle fois Camille, Clément, Baptiste et Mélanie aux Fortescue Falls et comme ils prennent la direction contraire, nous disons au revoir à Camille et Clément qui retournent à Melbourne pour rendre le van qu’ils louaient (ils repartent pour la suite de leur tour du monde). Nous nous dirigeons finalement vers la Fern Pool qui offre un spectacle saisissant, nous nous y baignerons pas car nous venions de le faire juste avant et puis nos ventres commencent à crier famine. Alors que nous quittions les lieux, des visiteurs s’agitent et c’est alors qu’une énorme araignée fait son apparition et tente en vain de s’approprier la gourde de visiteurs australiens. Quand on dit énorme, c’est vraiment pas un mensonge…

Nous terminerons la visite du parc pleins d’étoiles dans les yeux et c’est à grand regret que l’on quitte ce magnifique et incontournable endroit qu’est le Karijini. Nous passerons l’après-midi sur la route jusqu’aux portes de la ville de Port Hedland (très très industriel au vu des mines de sel, des plateformes pétrolières) où nous passerons la nuit (sur une aire de repos où des centaines de road-trains hyper bruyants nous casseront les c******* pendant toute la nuit). Le lendemain, nous nettoierons le van, achèterons l’huile et le filtre à huile au magasin RepCo du coin pour effectuer la 2ème vidange de Dundee. Nous dormirons dans un lotissement à l’abri des regards avant de reprendre la route jusqu’à la prochaine grande ville au doux nom de Broome.

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